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L’edito de Gilbert DEBOUSSET

décembre 7th, 2008

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LE SAVIEZ-VOUS ?

Beaucoup d’entre vous sont arrivés à Zouerate après 1962. A leur descente d’avion, ils étaient pris en charge soit par quelqu’un de leur famille soit par une charmante hôtesse d’accueil soit plus prosaïquement par un représentant de leur futur service.

Ils étaient accompagnés jusqu’à la maison qui leur était attribuée, celle-ci étant entièrement meublée et équipée de tous les ustensiles et matériels nécessaires dont batterie de cuisine, vaisselle, linge de maison, etc.

Vous êtes-vous demandé, un seul instant, comment tout ce qui était mis à votre disposition était arrivé à Zouerate ? Eh bien voici mon témoignage. Il était donc une fois ……

En AoĂ»t 1960, avec en poche un contrat SOTRAM, sociĂ©tĂ© de transports, c’est dans un quadrimoteur Constellation qui assurait la liaison Paris/Dakar que j’arrive de France pour ensuite prendre un DC4 qui faisait la navette entre Dakar et Port-Etienne (actuellement Nouadhibou) avec des escales Ă  St Louis du SĂ©nĂ©gal, Nouakchott, Akjoujt et Fort-Gouraud (actuellement F’Derik). Après une journĂ©e dans un avion surchauffĂ©, nous Ă©tions contents d’arriver. Il faut dire que dans cet omnibus tout le monde se connaissait et les affaires se traitaient, Ă  chaque escale, après bien des discussions. Quant Ă  l’horaire, je ne me souviens pas que quelqu’un s’en soit souciĂ©.

J’arrive donc à Port-Etienne dans une cité, habitée par quelques Mauritaniens et Canariens, pêcheurs pour la plupart, qui abritait une base de la Marine Nationale Française et une garnison de l’Infanterie Coloniale (Infanterie de Marine). Je me souviens aussi de l’odeur puissante des sècheries de poissons installées sur plusieurs hectares.

En ce qui concerne la MIFERMA, je découvre une immense activité d’acconage car tout vient par cargo de France mais aussi du monde entier, la construction des installations portuaires, de la future cité de Cansado et des Services Généraux. Il faut donc transporter tous les matériaux nécessaires à l’avancement de ces immenses chantiers mais également convoyer tous les matériaux et matériels permettant l’implantation de la cité d’Idjil (future Zouerate) au pied de la Kedia dans une zone désertique. Et c’est là que, nous tous, chauffeurs de la Sotram, entrons en piste avec de gigantesques camions américains KENWORTH, semi-remorques d’environ 350 chevaux, tout-terrain, pouvant tracter des charges dépassant souvent les 40 tonnes.

Imaginez une véritable noria de Kenworth transportant, sur plus de 750 kilomètres sans piste et encore moins de route, les ferraillages et le ciment nécessaires à la construction des infrastructures de la Manutention, de la Station de Concassage de Tazadit, des Services Généraux et de toute la future cité de Zouerate avec son Club où nous avons tous des souvenirs inoubliables sans oublier le carburant pour les voitures et les engins des nombreux chantiers ainsi que tout ce que vous avez trouvé dans vos maisons y compris l’eau si précieuse et la nourriture avant que le train ne prenne le relais.

Sur cette distance de 750 kilomètres, désertique, étaient en activité des géomètres implantant le tracé de la future ligne de chemin de fer, installés dans des bases mobiles totalement dépendantes de nos transports. Il y avait également une station fixe à 300 kms de Port-Etienne (dite le PK 300) base notamment de notre équipe de chauffeurs où nous pouvions nous reposer, nous ravitailler et surtout prendre une bonne douche après une bonne dizaines d’heures, ou plus, de conduite ; imaginez la température dans la cabine en plein mois d’août ! Après une seconde étape d’environ 150 kms exclusivement dans les sables de l’Azefal et de l’Akchar nous arrivions à la base de CHOUM qui avait pour nous la même fonction que celle du Pk300 mais qui abritait également tout le personnel creusant le célèbre tunnel de CHOUM au curieux tracé. Il nous restait alors à faire les 300 kms pour atteindre F’Derik puis la future Zouerate après 24 ou 30 heures de conduite suivant la charge que nous avions à tracter. Là s’achevait notre périple lequel était un maillon essentiel à la réalisation de cet ambitieux projet, à très long terme, d’exploitation de la mine de Fer à ciel ouvert avec la création d’une véritable cité artificielle en plein désert, cité où nous avons laissé une montagne de souvenirs que Patrick Wojtkowiak rassemble aujourd’hui avec passion.

Malheureusement je ne possède plus de photos mais vous pourrez voir un de ces monstrueux camions Kenworth dans la photothèque du site ZOUERATE.COM lors d’une manœuvre d’exercice incendie visant à éteindre les pneus en feu à proximité des Services Généraux.

Ceci est mon humble contribution afin d’enrichir l’histoire de notre Zouerate. Ce récit a ravivé des souvenirs de jeunesse que je suis heureux d’avoir partagé avec vous.

Gilbert Debousset, le 14 novembre 2008

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Gilbert Debousset Ă  bord de son Kenworth Ă  l’Ă©poque. (extrait tirĂ© du film « La montagne de fer » d’AndrĂ© Bureau 1962)

Catégories: Edito

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