L’Edito de Mohamed OULD TAJEDINE

février 10th, 2008

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Bribes de souvenirs :

Par un matin de janvier 2008,assis sur mon ordinateur,je ne sais par

quel hasard l’idée me vint de chercher des nouvelles de la ville où j’ai

passé toute mon enfance et qui est située à des milliers de kilomètres.

C’est ainsi que je suis « tombé » sur votre site. Ce qui réveilla en moi des souvenirs vagues et discontinus datant de plus de 40 ans.C’est par un après-midi ensoleillé de 1963 (j’avais 6 ans à l’époque) que nous arrivions à Zouérate à bord d’un camion Berliet du type T46.

La première vue de ce qui allait être Zouérate s’incrusta pour de bon dans ma mémoire : un ensemble de tentes noires et blanches au milieu de dunes et d’arbres. Quelques temps plus tard je découvris la cité « DUMEZ » qui porte le nom de la société qui s’occupe de la construction des logements des ouvriers de la Miferma (la Mif pour les zouératois ) et dont le directeur s’appelait Roussi (je ne sais pas si on le prononçait correctement ).

Bien après la cité a pris forme :

-Les maisons des cadres de la société et qui n’étaient que des français .

C’était un petit paradis ou du moins c’est ainsi qu’on le voyait nous autres enfants à l’époque.

Une cité propre, embellie d’arbres et de fleurs dont les odeurs m’ont enivré les rares fois que je l’ ai traversée à cause des gardiens et des chiens.

Il y avait  » le club des aigles » avec son restaurant, sa piscine, ses terrains pour les différents sports et plus tard son écurie.

Il y avait beaucoup d’autres activités telles que les voitures de courses, des aéronefs pour les amateurs de l’aviation,le ranch,l’esplanade, les terrain de football et de rugby qui constituent le rendez-vous hebdomadaire des habitants de la cité.

Il y avait un économat et un cinéma où l’on pouvait voir des films français le long de la semaine sauf le mardi qui était réservé aux films arabes et indiens.

-Les maisons des agents de maîtrise dénommée « la cité blanche » de par sa couleur.

Elle avait son économat et son club : « Le club de la gazelle « .Cette cité va augmenter au fil des ans à tel point que pratiquement tous les travailleurs finirent par être logés.

Les services sociaux étaient assurés par la société : soins,

approvisionnement en eau et en denrées alimentaires de toutes sortes, désinfection de la ville, ramassage des ordures…

-Ces deux cités étaient entourées de trois côtés par des baraques en bois et en fer où logeaient les ouvriers qui ne pouvaient pas être logés par la société.

Au début des années 70 un lotissement a été mis en place et la ville

s’organiser et l’on voit la construction en dur commence à s’effectuer

(les baraques n’existent plus aujourd’hui ).

De nos jours la ville a pris une certaine autonomie vis-à-vis de la société (SNIM) qui demeure très présente dans la vie de la ville et elle ne peut que l’être.

Désormais la ville a une mairie qui s’occupe des populations,un secteur informel en pleine croissance ,un commerce plus ou moins florissant.

Certes la ville n’est plus celle des années 60 et 70 mais elle demeure une cité ouvrière où il fait bon de vivre,qui n’a rien perdu de son attirance ni de son hospitalité légendaire.

Même si je vis très loin de « ma ville » je vis avec elle par l’intermédiaire des amis qui y sont restés et par les visites que j’effectue pratiquement une année sur deux.

J’invite « les anciens de Zouérate  » à faire une visite organisée de leur ancienne cité et par la même occasion visiter d’autres lieux de la Mauritanie qui méritent d’être visités (je suis sûr qu’ils ne seront pas déçus et qu’en associant la SNIM au projet ,elle contribuera avec plaisir à sa réussite ).

Pour information il y a un vol charter qui relie directement la France à Atar qui est située à 300 km de Zouérate.

Je suis également sûr qu’ils ont entendu parler du climat d’insécurité lié aux tristes événements du mois de janvier.Mais je tiens à les rassurer que c’est passager et que la Mauritanie restera à jamais une terre de paix,de tolérance et d’accueil .J’en veux pour preuve le discours de Bernard Kouchner il y a deux jours lors de sa visite en Mauritanie.Ils ont sûrement entendu parler dans les médias du niveau de vie des populations.Effectivement la crise qui sévit un peu partout dans le monde n’a pas épargné la Mauritanie mais elle ne sombre pas dans le chaos comme certains se plaisent à le dire.

Les touristes qui visitent le pays en sont très fiers et certains la visitent pour la deuxième ou troisième fois. Je ne fais pas de la publicité pour mon pays même si je suis en droit de le faire mais je décris la situation telle qu’elle se présente.

A la fin , j’espère que cette tournée ait lieu et que « les amis de la cité » puissent la visiter et redécouvrir ce qui ,un jour, a fait partie de leur quotidien ou rencontrer d’anciens collègues de travail ou leurs fils.

Mohamed OULD TAJEDINE

Mauritanien résidant au Koweït

Mohamed OULD TAJEDINE exerce en qualité d’inspecteur de français au ministère koweitien de l’enseignement. A été, en autre, professeur de français dans le lycée de Zouerate.

Catégories: Edito

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