fév 28 2008

WOJTKOWIAK

Le miracle de l'eau a  Zouérate

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Voici ce que ça a donné du côté de la Chapelle et du centre de transmission. Nous sommes ici chez Danielle Symzak

Avant propos de Jean François Genet :

Parler de la pluie, mais pas du beau temps, c’est la feuille de route, élaborée par Patrick! J’aurais préféré que ce soit l’inverse, cela m’aurait été plus facile, surtout sous ce ciel de Mauritanie qui est resté désespérément bleu pendant des années. Aimant relever les défis impossibles (vous allez vous en apercevoir) j’ai accepté ma mission. La pluie du matin n’arrêtant pas le pèlerin, allons-y.

Il n’y a qu’a regarder mes films ou mes diapos teintés d’un bleu éclatant dans leur partie supérieure pour comprendre que tenir cette gageure ne serait pas facile. Tout d’abord, trouver de la doc, où chercher? Evidemment dans MIFERMA-INFORMATIONS, magnifique revue dont vous trouverez ci-après la reproduction d’un article paru dans le n°16, signé R. Le Floc’h. Mais de mon côté, si on m’a demandé (j’ai du être trahi par une amie), c’est que je dois posséder ce genre de truc, mais où est-ce rangé? Si à l’intérieur de mes boites de diapos le classement se fait par grandes familles – manutention, mine, scènes de vies, portraits … etc – il faut quand même regarder diapo, par diapo et ne pas se laisser distraire par d’autres sujets. De plus, opérant dans un milieu familial curieux de nature, j’ai eu droit au «il y a longtemps que tu ne nous les a pas passées». Tu parles, au moins quinze ou vingt ans! Qu’est ce j’ai pu en endormir des invités ou parents avec ces projections d’après repas, et vu l’intérêt suscité, j’ai rangé le tout au fond d’une malle marquée encore à ce jour MIFERMA, cadenas dessus (faut aussi retrouver la clé), et hop, au grenier.

Après quelques jours de fouilles j’ai aussi remis la main sur mes films réalisés avec ma Beaulieu, et là, surprise, c’est avec cet équipement que j’ai réalisé “filmons sous la pluie”. J’ose espérer que la version re-mastrérisée connaîtra un plus grand succès que lors de sa sortie en salle. La reproduction n’est pas parfaite, puisque reprise sur DV à partir d’une projection sur carton A4, mais justement, c’est l’aspect suranné de ces images qui est émouvant, ainsi resurgit à travers elles, un mode de vie nous semblant déjà lointain mais pas très éloigné de nos temps modernes.

La première image a été prise au cours des pluies de 1976, mais à qu’elle époque? Plus aucune idée! Elle représente l’intérieur de l’habitation de la famille Symzak. Danielle que l’on voit ici sur ce cliché, semble maîtriser une situation qui ne paraît pas l’inquiéter outre mesure. Les occupants de l’habitation envahie par les eaux avaient appelés au secours et c’est bien volontiers que nous les avons secourus avec quelques seaux et balais. De l’eau jusqu’aux chevilles, Danielle a jeté le plus d’affaires possible sur la table, dans le désordre le plus total, et, au cours de cette nuit mémorable, il y a eu plus d’un fou-rire comme celui-ci.

Pour le reste, et surtout à la vue des photos que j’ai prises , développées sur place, colorisées à max et que vous retrouverez au sein de l’article, je me souviens que c’est vers la fin d’après-midi que le ciel s’est assombri et que les nuages sont montés à l’assaut de la Kédia. Immédiatement, un vent violent s’est mis à tourbillonner. Les passants se sont faits de plus en plus rares. En un rien de temps la pluie s’est mise à tomber avec violence, des mares se sont formées sur ce sol peu habitué à absorber autant de liquide en une seule fois. Inquiets, nous regardions par les fenêtres quelques rares voitures roulant à vitesse réduite et soulevant d’énormes gerbes d’eau. Et puis plus tard dans la soirée, les premiers coups de fils d’appel à l’aide des naufragés du désert nous sont parvenus…

Dans la journée du lendemain et cours de laquelle il plut de manière continuelle mais moins violente, je suis allé faire un tour pour estimer les dégâts éventuels sur les installations. C’est là que j’ai filmé les superbes cascades de la Kédia. Je me serais bien approché mais le contrebas de la montagne était diablement dangereux

Au niveau des installations, il y eu quelques dégâts, il me semble que certains bâtiments avaient pris l’eau. Pour ma part, le sur-lendemain, avec mon alter-ego Daniel Philippe et avec des équipes renforcées, il nous a fallu réparer les canalisations emportées par les eaux tumultueuses, au fond de petites gorges s’enfonçant au sein de la Kédia.

Un lac s’était formé à F’Dérik et s’étendait à perte de vue. Il perdura de nombreuses semaines. Aussitôt après la pluie, les arbres se mirent à reverdir, des plantes poussèrent et le paysage se mis à verdir immédiatement, les troupeaux arrivèrent de tout l’horizon. La chose la plus étonnante, se sont ses petites bêtes qui ont repris vie une fois le lac formé.

Jean-François Genet

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120 millimètres de précipitations et partout sourdait la vie, des sables où elle sommeillait ; Zouérate et la région se coloraient d’aspects inhabituels.

Le spectacle des chutes d’eau de la Kédia était magnifique. Dans la vallée de Rouessa, par exemple, une cascade d’environ 70 mètres de hauteur se détachait toute blanche sur le fond sombre de la montagne. Les oueds situés au nord de la Kédia, transformés en vrais torrents, rendaient impraticable la piste reliant Zouérate à F’Dérik et toute cette eau, retenue par le barrage de cette dernière ville formait un lac immense. Au nord-ouest du terrain d’aviation, d’autres étendues d’eau étaient fréquentées par des poules d’eau, des canards, des cigognes. C’est là également que nous avons pu observer des apus, étranges crustacés qui disparaissent plusieurs années de suite, après quoi ils se multiplient très vite au cours d’une brève période où les conditions sont favorables.Quelques jours après les premières pluies, une végétation très tendre faisait son apparition, provoquant la transhumance vers notre région de troupeaux importants venus de toute la Mauritanie.

(R. Le Floc’h – source : Miferma Informations n°16 Juillet 1969)

Crédits photos : R.Le Floch, J.F.Genet, H.Simonin…

Crédit film : J.F Genet

Remerciements à Karine Lethellec pour la reprise de l’article et à Jean François Genet pour son introduction.

11 Comments »

11 Commentaires à “Le miracle de l'eau a  Zouérate”

  1. admin le 01 mar 2008 à 19:11 #

    marie-claire.marenthier
    Zouerate les pieds dans l’ eau……………! Je n’ ai pas eu la chance de voir ce spectacle………….!
    Tu es arrivé sur le site depuis peu Jean-François, mais quel bonheur de nous faire partager tous tes trésors……..! !
    Merci à  tous .
    Marie-Claire
    mardi 18 décembre 2007 – 16:01

  2. admin le 01 mar 2008 à 19:11 #

    Patrick WOJTKOWIAK
    J.F GENET nous parle de pluies en 1976 et R.LE FLOCH a son article qui parait dans le Miferma information en Juillet 1969…Aurait-il plu plusieurs fois à Zouérate ? J’ai le souvenir d’une pluie…Et vous ?
    vendredi 21 décembre 2007 – 18:19

  3. admin le 01 mar 2008 à 19:12 #

    Usager anonyme

    Moi g le souvenir des pluies torrentielles a zouérate en 69.un énorme lac s’ était formé près de fort-gouraud. il y est resté quelques semaines. c’était très impressionnant, du moins du haut de mes 9 ans.

    mardi 25 décembre 2007 – 17:05

  4. admin le 01 mar 2008 à 19:12 #

    marie-claire.marenthier
    Il a plu aussi en 1973………………….je n’ y étais pas……………….mais en classant les diapos de Michel……………….Je viens d’ en avoir la preuve……! !?mais n’ ayant pas la possibilité de scanner les diapos ……..pour l’ instant je ne peux pas partager ces photos avec vous…!
    samedi 12 janvier 2008 – 14:16

  5. admin le 01 mar 2008 à 19:12 #

    gilles aubry

    Retour de l’école, dans les rues de la cité innondées par endroits. Défense de mettre un pied dans l’eau ! On passait d’une maison à l’autre au prix d’acrobaties insensées, et on arrivait chez nous… trempés comme des soupes.
    Quel bonheur !

    9 ans en 1969

    samedi 19 janvier 2008 – 11:43

  6. admin le 01 mar 2008 à 19:13 #

    Hélène LAURANS

    Nous guettions les gros nuages noirs : pourvu qu’il pleuve. On en a eu des grosses pluies !

    Un jour, en revenant du bordj des militaires de Fort Gouraud (ravitaillement en eau et soda), un déluge avec des essuie-glaces de la Land qui marchaient cahin-caha. C’était en 65/66. Un autre jour, en rentrant de l’école, nous montions sur les murets pour éviter de prendre un bain de pied.
    L’hiver 68/69, nous avons été gâté. Des plantes sont apparues en plein désert, des petits poissons aussi. Idem dans les gueltas qui ont conservé leur eau lontemps avec aussi leurs poissons.

    Et les beaux éclairs ! Là , mes fennecs avaient peur.
    Je me souviens une autre année avoir récupéré notre hérisson dans le jardin pour le mettre à la maison. Il avait les pattes dans l’eau !

    Hélène LAURANS

    mercredi 30 janvier 2008 – 19:55

  7. jfgenet le 06 mai 2008 à 10:33 #

    Alors moi je n’ai pas les fenêtres de nom etc et il me reconnaît en tant que “connecté en tant que Genet”, avec aussi un bouton déconnexion.

    JF

  8. GUMB Bruno le 16 juin 2008 à 18:35 #

    J’ai le souvenir de 2 grosses inondations pendant mon séjour, les années citées de 1969 et 1973 me semble correcte.
    C’était génial, hormis le fait que maman devait tout nettoyer dans la maison, 1 mois après les inondations, le désert était méconnaissable, des papillon pullulaient à foison, des lacs apparaissaient au milieu du désert. Pour mes yeux d’enfants de l’époque c’était un miracle, un nouveau monde naissait devant mes yeux. Le désert était vert et des animaux grouillaient partout………un miracle de la nature
    Ce souvenir est très vivace dans ma mémoire
    Bruno GUMB

  9. THOUBERT EMILE le 13 nov 2008 à 19:39 #

    A Zouerate de 1962 à 1968 je n’ai pas eu le plaisir d’assister à de fortes pluies que nous aurions pourtant beaucoup apprecié ,car au service des eaux nous recevions l’eau par des citernes,par le train 13 exactement ,qui souvent nous arrivées vides,les vannes de distribution,ayant étaient ouvertes,par les nomades voyageurs,qui n’avaient pas le temps de les refermées au départ du train. Nous avions aussi quelques puits,dont les niveaux,descendés trés vite durant les pompages,les pluies dont vous parléz nous auraient étè,des bénèdictions,afin de faire remonter les niveaux (hélas)

    A part ceçi j’étais de service le soir à l’entrée du cinéma,j’aurai bien aimé,avoir des nouvelles de ces enfants Mauritaniens,devenus des hommes de la cinquantaine à présent…certains d’entre eux arrivaient à passer entre les grilles ,pour entrér sans payer,j’ai du le voir pour le croire

  10. sbf le 22 juin 2009 à 1:03 #

    IL PLU A ZOUERATE DU 15 AU 21 JUIN PLUS DE 160 MM
    DU JAMAIS VU

  11. Céline Sérol le 28 mar 2013 à 21:33 #

    Ohhh ! C’est ma maman sur la photo !!!

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