mar 02 2008

WOJTKOWIAK

La bonne planque

Section théatre. la-bonne-planque 1968

40 ans se sont passés depuis cette « expérience », et les souvenirs se sont un peu estompés, mais nous pensons que l’idée de monter une section « théâtre », dans le cadre des activités du Club, a germé à l’ automne 1967 dans un groupe de jeunes et de personnes liées à la Formation Professionnelle.

Comme toujours, le téléphone arabe a fonctionné, et assez rapidement, l’équipe s’est élargie : le projet a suscité des vocations…

L’objectif premier était, comme pour toutes les autres activités du Club, de réunir des gens autour d’un centre d’intérêt commun. Il ne s’agissait pas de créer une troupe mais d’essayer modestement de monter une pièce… ce qui, à priori n’avait rien d’évident : quelques-uns d’entre nous avaient une expérience théâtrale qui se résumait à des saynètes ou des sketches de colonie de vacances, pour les autres, c’était une première !…

Le choix de « lorsque l’enfant paraît » s’est fait très rapidement. La pièce de Roussin est une merveilleuse mécanique, bien huilée, un texte vif, et le sujet était encore d’actualité.

Le « casting » a été un peu délicat, il a fallu jouer avec les envies et les susceptibilités des uns et des autres…

Au bout de quelques semaines, la section MIFENSCENE était créée et en état de marche, le rôle de chacun étant bien défini.Les premières répétitions furent de simples lectures pour se mettre le texte en bouche et apprivoiser les personnages, elles se tenaient dans une salle du Club. Mais, assez vite, la Formation professionnelle nous a autorisés à répéter dans une de ses salles, ce qui nous permettait d’ évoluer dans un cadre précis et de travailler la mise en scène.

L’apprentissage du texte, acte par acte, a été laborieux pour certains : c’est une contrainte de connaître son rôle dans les temps prévus pour ne pas gêner les autres acteurs… les magnétophones ont chauffé !…

Nous avions généralement une répétition par semaine (davantage vers la fin pour la mise au point).

Parallèlement au travail des comédiens, la régie s’est vite organisée. Il fallait dépayser les spectateurs et les transporter pour deux heures dans l’appartement parisien d’une famille bourgeoise. Les services de la Miferma nous ont beaucoup aidés par le prêt de matériel et de mobilier. Chacun a fait le tour de ses amis et connaissances pour dénicher costumes et accessoires. Nous avons même trouvé, peut-être le seul smoking de Zouérate qui, par chance allait parfaitement au « ministre »…

Tout cela s’est passé dans un grand esprit d’équipe. La présence de cadres et agents de maîtrise dans la composition de la troupe n’a été à aucun moment un handicap : la hiérarchie était oubliée. Chacun était conscient que la réussite du projet dépendait un peu de lui et de son investissement, quel que soit son rôle. C’est ainsi que la mise en scène s’

est faite un peu collectivement, en pratiquant une synthèses des avis.

La Miferma ne possédant pas de salle de spectacle, il a été décidé, avec l’accord de la Direction du Club, de monter une scène sur la terrasse. Les services de l’EBV, les électriciens, ainsi que de nombreux bénévoles ont fait un travail remarquable. Les vestiaires de la piscine se sont transformés en loges d’artistes pour l’occasion…

Et le jour « J » est arrivé : c’était le samedi 9 mars 1968 !…

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En plus des acteurs, coiffeuse, maquilleuse, habilleuse (les comédiens changeaient tous de tenue à chaque acte), souffleur et accessoiristes : tout le monde était sur le pont gérant au mieux son trac… pour les uns, mutisme et concentration, pour d’autres l’exubérance, d’autres encore, l’impression de plus connaître son texte… Ce n’est pas simple et aussi facile qu’on l’imagine parfois, de se présenter sur scène, et encore moins devant des gens que l’on connaît !…

Le public est venu très nombreux (devant l’importance des demandes nous avons décidé de faire une deuxième séance le dimanche soir). En plus de la Direction, les autorités civiles mauritaniennes et les militaires de Fort-Gouraud étaient nos invités d’

honneur.

Les trois coups ont retenti… c’était parti !…

Cette première rep
résentation s’est déroulée sans incident, le public était ravi et nous aussi, heureux d’avoir mené à bien ce pari qui n’était pas gagné d’

avance.

La séance du dimanche soir nous a donné du souci. France (notre Annie Jacquet) s’est réveillée avec une extinction de voix… Heureusement que le Docteur Leroy a trouvé la formule miracle car nous n’

avions pas de « doublure » et aurions du annuler.

Nous avons bien sûr apprécié les échos enthousiastes qui nous revenaient les jours suivants des collègues ou des voisins, ce fut un encouragement à poursuivre cette aventure d’

une manière imprévue.

En effet, le Club de Port-Etienne, intéressé par notre prestation nous a invités à nous produire chez eux les 30 et 31 mars. La Miferma mettait à notre disposition le DC-3 pour notre transport et celui des décors et des costumes.

Nous avons été accueillis de manière fort sympathique par les membres du Club et le public des deux séances a été très chaleureux. Ce week-end, un excellent souvenir, nous a permis de clôturer la saison d’

une manière fort agréable.

Encouragés par le succès de « lorsque l’

enfant paraît », nous sommes repartis avec un nouveau projet à la rentrée suivante.

La composition de la troupe s’étant modifiée : départ de certains, indisponibilité pour d’

autres, de nouvelles recrues sont arrivées tout aussi motivées.

Le choix de « La bonne planque » s’est fait un peu par défaut, nous n’avions pas beaucoup de documentation. C’était une pièce comique avec une intrigue policière, et les gens avaient envie de se distraire sans « prise de tête ».

Forts de l’expérience de l’année précédente, les choses se sont enchaînées plus rapidement et nous avons commencé les répétitions « in situ » assez tôt, les quiproquos venant essentiellement de la précision de la mise en scène, il y avait du travail !…

Nous avons à nouveau bénéficié de la salle de la Formation Professionnelle où les décors furent montés pour faciliter les répétitions (ils seront démontés et remontés au Club pour les représentations).

La pièce avait été écrite pour Bourvil et Pierrette Bruno, il n’était pas simple de s’y installer !…

Nous avons dû effectuer des coupures, surtout musicales, sans nuire à la compréhension de la comédie.

Comme pour « lorsque l’enfant paraît », la régie a fait preuve d’ingéniosité pour se procurer costumes et accessoires : emprunt de la trompette aux militaires de Fort-Gouraud et des menottes au Commissaire de police !… et encore une fois les services de la Miferma ont été d’

un grand recours.

Les représentations ont eu lieu les 23 et 34 mars 1969, sur la terrasse du Club, devant un large public dont les officiels locaux. Nous n’avons pu satisfaire toutes les demandes de places, mais il était impossible d’

immobiliser la terrasse du Club pendant deux semaines.

Les retombées ont été également très encourageantes. La preuve était faite que la section théâtre avait sa place à Zouérate. Ceci s’est confirmé puisque nous avons appris avec plaisir que la troupe MIFENSCENE s’

était produite à plusieurs reprises après notre départ.

Ce fut pour nous une expérience inoubliable, l’occasion de participer à une œuvre collective, dans un excellent esprits : que de bons souvenirs…

Jeanine et Marcel AUBRY

LA BONNE PLANQUE

Pièce de théâtre (comédie en 3 actes de Michel André)

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Réalisation : Michel André

Interprètes :

Bourvil : Antoine Perrin

Pierrette Bruno : Lucienne Trouchu/Chevrelle, Lulu

Robert Rollis : Émile alias Gustave

Roland Bailly : Fredo

Alix Mahieux : Fernande, la femme de Péquinet

Albert Michel : l’inspecteur Péquinet

Max Desrau : Legrand, le radio-reporter.

Première :

Le 10 février 1962 au Grand Théâtre de Rennes.

Émile et Fredo sont deux truands qui viennent de commettre un vol à main armée dans une banque parisienne.

Pour échapper à la police, Émile, accompagnée de son amie Lulu, se réfugie dans l’appartement d’un paisible

fonctionnaire du ministère de l’Agriculture. « Je me suis renseigné, c’est un cornichon !» disait Émile.

Le cornichon en question n’est qu’autre qu’Antoine Perrin, fonctionnaire au Ministère de l’Agriculture et musicien

amateur du groupe Les joyeux colibris. Afin d’éviter que le maître des lieux reçoive un coup sur la cafetière,

Lulu se propose de le vamper. Elle est ensuite contrainte à s’incruster chez Antoine, car l’immeuble est surveillé

et il est impossible d’en sortir avec le butin… Elle en devient finalement amoureuse…

Entretemps, s’interpose la

maîtresse d’Antoine, Fernande, une virago qui n’est qu’autre que la femme de son meilleur ami, l’inspecteur de

police Péquinet.

Anecdotes

Initialement enregistrée pour la télévision belge au théâtre du Vaudeville à Bruxelles en 1964, cette pièce fut

diffusée en France pour la première fois en 1965, lors d’importantes grèves à l’O.R.T.F. (télévision française avant

1974). En effet, à court de programmes l’ORTF demanda à la R.T.B.F. (télévision belge) l’enregistrement de

“La bonne planque”. La diffusion de cette pièce de théâtre provoqua de nombreuses réactions positives auprès

des téléspectateurs. Pour satisfaire cette demande, Pierre Sabbagh eut l’idée de lancer l’émission “Au théâtre

ce soir” qui eut un réel succès.

Expressément écrite pour Bourvil, cette croustillante comédie-farce exploite toutes les ressources du génie

comique de l’acteur fantaisiste. Le moindre gros plan, la moindre réplique « porte » : qu’

il fasse la grimace en

goûtant une camomille, qu’il pique un fou rire au téléphone, qu’il joue de l’

harmonica, de la guitare ou du

cornet à pistons (il a exigé que l’auteur inclue des « moments musicaux »), qu’

il chante le twist ou la gentille

romance (Ce p’tit air-là), qu’il joue au caïd (« J’

suis beau dans la colère, hein ! ») ou au mari rassis attendant

son café du matin, qu’

il prononce un discours aux accents gaulliens ou plus simplement « Vous avez le bonjour d’Alfred ! », Bourvil fait mouche.

LORSQUE L’ENFANT PARAIT. André Roussin 1951

Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille

Applaudit à grands cris.

Son doux regard qui brille

Fait briller tous les yeux,

Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,

Se dérident soudain à voir l’enfant paraître,

Innocent et joyeux…

Victor Hugo

porté au cinéma en 1956

acteurs au cinéma :

Réal : Michel Boisrond

Gaby Morlay (Mme Fouquet Olympe)

André Luguet (M. Fouquet Charles)

Brigitte Auber (Annie)

Guy Bertil (Georges)

Béatrice Altariba (Natacha)

Suzy Prim (Madeleine Lonant)

Jean Lagache (Jacques)

Jean Ozenne (Gaston, le maître d’hôtel)

Gaston Orbal (un invité)

Jacques de Féraudy (le grand-père)

Armande Navarre (Thérèse)

André Roussin (Minet-Drouot)

Gilberte Lauvray

Jany Mourey

Paul Demange

René Hiéronimus

René Lefèvre-Bel

Alfred Goulin

Isabelle Martino

Hélène Martino

Laure Paillette

Yvonne Dany

Jacques Charby

Le ministre de la Famille, Charles Fouquet, est un homme bien éprouvé. Son gouvernement vient d’être renversé, sa femme, Olympe, attend un enfant, sa fille Annie est enceinte de son fiancé, et son fils, Georges, a également séduit sa précieuse collaboratrice, Natacha. Jusqu’à son ancienne maîtresse qui vient lui révéler qu’elle a eu jadis un fils de lui. Homme d’action, le Ministre va s’évertuer à prendre des mesures contre cette abondance de progéniture. Cependant, après avoir conseillé l’avortement à sa femme, il se laissera gagner par la joie qui entoure toute perspective de naissance et tout se terminera par une série de mariages et l’attente de ces événements heureux et… multiples. Pour plus de sûreté, ces diverses vicissitudes pouvant influer sur sa carrière, Charles Fouquet renonce à son portefeuille ministériel… pour accepter celui de la Guerre

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1 Comment »

Un Commentaire à “La bonne planque”

  1. Sanz Santiago le 14 avr 2008 à 21:03 #

    Ah quel bon souvenir, je jouais le rôle d’Annie, la fille du ministre joué par M.Aubry. Impossible d’oublier cette aventure.?
    France Laurans Sanz

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